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 Burkina Faso : à Bagré, une nouvelle rizerie pour renforcer la souveraineté alimentaire

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Le Burkina Faso renforce ses capacités de transformation du riz. Une rizerie publique, inaugurée le 20 octobre 2026 à Bagré, doit permettre de mieux valoriser la production nationale, de soutenir les producteurs locaux et de réduire la dépendance du pays aux importations de riz transformé. Le coût de cet investissement public n’a toutefois pas été dévoilé.

Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de souveraineté alimentaire. Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a inauguré, mardi 20 octobre 2026, une rizerie publique à Bagré. Gérée par la société d’État Faso Agropoles (SOFA), cette infrastructure industrielle est destinée à renforcer la transformation locale du riz et à améliorer la valorisation des récoltes nationales.

Dotée d’une capacité de traitement de 100 tonnes de riz paddy par jour, l’unité s’inscrit dans le cadre de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028. Son financement a été assuré sur le budget national, mais les autorités n’ont pas communiqué le montant de l’investissement.

La nouvelle rizerie dispose d’équipements permettant de couvrir l’ensemble du processus de transformation, depuis le nettoyage du riz paddy jusqu’au conditionnement du riz blanc. La chaîne industrielle comprend notamment le décorticage, le blanchiment, le polissage, le tri optique et le calibrage des grains.

Grâce à ces installations, le Burkina Faso entend renforcer ses capacités industrielles dans une filière agricole stratégique. L’objectif est de transformer davantage de riz sur place, plutôt que de laisser échapper une partie de la valeur ajoutée liée à la transformation.

L’infrastructure doit également contribuer à la valorisation des stocks de riz paddy achetés par l’État directement auprès des producteurs. Ce mécanisme pourrait faciliter l’écoulement des récoltes, offrir de nouveaux débouchés aux agriculteurs et améliorer la disponibilité du riz local sur le marché national.

Au-delà de sa capacité industrielle, la rizerie de Bagré représente un levier potentiel pour réduire la dépendance du pays aux importations de riz transformé. En renforçant les moyens de traitement de la production nationale, les autorités ambitionnent de mieux répondre à la demande intérieure tout en soutenant les acteurs de la filière rizicole.

Lors de l’inauguration, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de préserver cette infrastructure et d’en garantir une exploitation durable. La SOFA est chargée d’assurer son fonctionnement, en lien avec les producteurs.

Toutefois, la mise en service de l’usine ne suffira pas, à elle seule, à garantir le succès de cet investissement public. Sa performance dépendra notamment de la régularité de l’approvisionnement en riz paddy, du niveau d’utilisation des équipements, de la maîtrise des coûts d’exploitation et de la capacité à commercialiser le riz transformé à des conditions compétitives.

Pour le gouvernement burkinabè, Bagré constitue une étape dans une stratégie plus large de développement des infrastructures agro-industrielles. Les autorités annoncent la poursuite de l’installation d’unités de transformation dans d’autres régions du pays.

L’enjeu est désormais de faire de cette nouvelle rizerie un outil de création de valeur, de soutien à la production locale et de renforcement durable de la sécurité alimentaire au Burkina Faso.

Yves Dossou Leblanc

Rédacteur/ lecontinent@l

Tel : +22890270108

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