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Textile : l’Afrique veut transformer son coton en richesse et en emplois

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Malgré un important potentiel cotonnier, l’Afrique continue d’exporter une grande partie de sa production à l’état brut, avant d’importer des textiles et des vêtements fabriqués ailleurs. À travers le Plan Renaissance textile africaine, Afreximbank entend inverser cette tendance en développant la transformation locale et en créant des centaines de milliers d’emplois.

L’Afrique veut tirer davantage profit de son coton. Chaque année, le continent produit environ 2,6 millions de tonnes de cette matière première, notamment au Bénin, au Mali, au Burkina Faso, en Tanzanie et en Égypte. Pourtant, une grande partie de cette production est exportée sans transformation, privant les économies africaines d’importantes retombées industrielles.

Filature, tissage, teinture et confection : ces différentes étapes permettent de transformer la fibre brute en fils, en tissus et en vêtements à plus forte valeur ajoutée. Leur développement représente une opportunité pour créer des emplois, réduire les importations et renforcer l’industrie textile africaine.

C’est dans cette perspective que s’inscrit le Plan Renaissance textile africaine, porté par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), en collaboration avec des partenaires industriels. Soutenu par un financement annoncé de 5 milliards de dollars, le programme ambitionne de développer 500 000 tonnes de capacité de transformation du coton et de générer jusqu’à 500 000 emplois.

Le Bénin illustre cette volonté de valoriser les ressources africaines sur place. Au sein de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), le coton local est transformé en fils, en textiles et en produits finis. L’augmentation prévue des capacités de transformation, de 40 000 à 140 000 tonnes, témoigne des ambitions industrielles du pays.

L’émergence de marques comme OBALÈ illustre également la possibilité de développer des produits conçus et fabriqués en Afrique, tout en renforçant le savoir-faire local.

Pour Dr George Elombi, président d’Afreximbank et du Conseil d’administration de la Banque, l’enjeu est de faire évoluer le continent du statut d’exportateur de matières premières vers celui d’acteur industriel capable de transformer ses propres ressources.

Au-delà du Bénin, plusieurs pays, dont l’Éthiopie, le Kenya et le Lesotho, développent des activités textiles. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pourrait favoriser la complémentarité entre ces économies et faciliter la création de chaînes de valeur régionales.

L’ambition est de permettre aux pays africains de mutualiser leurs compétences et leurs capacités industrielles, sans que chacun ait à maîtriser toutes les étapes de production.

L’enjeu est désormais de faire du coton africain un moteur d’industrialisation, d’emploi et d’exportation. En misant sur la transformation locale, le continent pourrait produire davantage de vêtements et de textiles sur son sol, plutôt que de vendre sa matière première pour racheter des produits finis à prix plus élevé.

Lecontinent@l +22890270108

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