Le Togo entend accélérer la transformation de son agriculture pour renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Une mission de haut niveau de la Commission de l’Union africaine a entamé, mardi à Lomé, trois jours de concertations avec les autorités nationales. Objectif : définir les actions prioritaires pour moderniser les systèmes agroalimentaires du pays et les rendre plus productifs, résilients et durables.
Les échanges portent sur la mise en œuvre de la Déclaration de Kampala pour la période 2026-2035, dans le cadre du Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA). Cette initiative continentale vise à accélérer le développement agricole et à améliorer les performances des systèmes alimentaires africains.
Pour le Togo, ces concertations doivent permettre de traduire les engagements continentaux en actions concrètes, adaptées aux priorités nationales. Les discussions prennent également en compte les effets des changements climatiques et la nécessité de préserver les ressources naturelles, indispensables à la production agricole.
L’enjeu est de renforcer les capacités de production tout en améliorant la résistance des systèmes agroalimentaires aux chocs climatiques et aux autres facteurs susceptibles de fragiliser l’approvisionnement alimentaire.
La Déclaration de Kampala fixe des objectifs importants pour transformer l’agriculture africaine. À l’horizon 2035, le continent ambitionne notamment d’augmenter de 45 % sa production agroalimentaire et de tripler les échanges commerciaux de produits agricoles entre les pays africains.
L’atteinte de ces objectifs suppose des investissements adaptés, une meilleure organisation des filières agricoles et une coopération renforcée entre les différents acteurs du secteur. Pour le Togo, il s’agit également de consolider les acquis nationaux et de créer les conditions nécessaires à une agriculture plus compétitive, capable de répondre durablement aux besoins alimentaires des populations.
La réussite de cette transformation repose sur la participation de l’ensemble des parties prenantes du secteur agricole. À l’ouverture des travaux, le directeur de cabinet du ministère chargé de l’Agriculture, Konlani Dindiogue, a insisté sur la nécessité de renforcer la participation des acteurs nationaux et de développer leurs capacités à contribuer pleinement au processus.
Le gouvernement togolais privilégie une approche participative fondée sur la co-construction et le co-investissement. Cette démarche vise à associer les différents acteurs à la définition et à la mise en œuvre des politiques agricoles.
Dans ce dispositif, l’État doit jouer un rôle de facilitateur et de régulateur. Il s’agit de favoriser une meilleure coordination des interventions et de renforcer la complémentarité entre les pouvoirs publics, le secteur privé et les autres acteurs non étatiques.
Pour soutenir cette dynamique, le Togo mise notamment sur le Programme de modernisation de l’agriculture au Togo (ProMAT). Le pays s’appuie également sur la récente mise en place de la Plateforme nationale des acteurs non étatiques, destinée à mieux structurer la participation des organisations et des autres parties prenantes aux politiques agricoles.
Ces mécanismes doivent contribuer à renforcer la concertation, à améliorer la coordination des initiatives et à favoriser une mobilisation plus efficace des ressources nécessaires à la transformation du secteur.
Au terme des trois jours de travaux à Lomé, les concertations devraient permettre de préciser les modalités de mise en œuvre des engagements de la Déclaration de Kampala au niveau national.
Pour le Togo, l’objectif est clair : bâtir des systèmes agroalimentaires plus productifs, capables de résister aux effets du changement climatique et suffisamment durables pour contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations d’ici à 2035.
Yves Dossou Leblanc
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