À Kigali, les acteurs du secteur agricole cherchent des solutions pour transformer les promesses de financement en investissements concrets. L’Afrique ne manque pas d’ambitions pour transformer son agriculture. Elle manque encore de financements qui arrivent jusqu’aux entreprises qui font vivre les chaînes alimentaires au quotidien.
C’est l’un des principaux enjeux discutés au Forum africain sur les systèmes alimentaires, organisé à Kigali du 31août jusqu’au 4 septembre 2026. Malgré les milliards de dollars annoncés pour soutenir le développement agricole du continent, une grande partie de ces ressources reste difficilement accessible aux petites et moyennes entreprises agricoles.
Le problème n’est donc plus seulement de trouver de l’argent. Il s’agit surtout de créer un pont entre les politiques publiques, les investisseurs et les PME africaines qui ont besoin de capitaux pour produire davantage, recruter et se développer.
Rendre les PME agricoles plus attractives
Pour le Dr Mallé Fofana, directeur exécutif adjoint et responsable de la Direction de la mise en œuvre de la croissance verte au Global Green Growth Institute, l’un des principaux défis consiste à rendre les entreprises agricoles locales plus solides et plus crédibles aux yeux des investisseurs et des banques.
Cela passe notamment par une meilleure gestion financière, des modèles économiques plus performants et un accompagnement permettant aux jeunes entreprises agricoles de devenir véritablement « investissables ».
Autrement dit, les capitaux existent, mais beaucoup d’entreprises africaines ne sont pas encore suffisamment préparées pour les attirer.
Le financement mixte comme levier
Une autre piste mise en avant est celle du financement mixte, qui associe des ressources publiques ou provenant d’institutions de développement à des investissements privés.
L’objectif est simple : partager une partie du risque afin d’inciter les banques commerciales et les investisseurs privés à financer davantage l’agriculture.
Dans un secteur qui représente à la fois un enjeu de sécurité alimentaire, d’emplois et de croissance économique, cette approche pourrait permettre de débloquer des financements aujourd’hui difficiles d’accès pour les PME.
L’enjeu pour l’Afrique est désormais de passer des engagements aux résultats : faire en sorte que les milliards promis se transforment en machines, en terres mieux exploitées, en emplois et en entreprises capables de nourrir durablement les villes et les populations du continent.
Financer les entreprises agricoles ou investir dans les transports urbains, le défi reste finalement le même : transformer les ambitions africaines en projets concrets, financés et capables d’améliorer directement la vie des populations.
Yves Dossou Leblanc
Journaliste Reporter
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