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Togo : le climat favorise la progression du paludisme, des maladies diarrhéiques et des IRAS

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Le bulletin santé-climat de septembre 2026 met en évidence les liens étroits entre les variations climatiques et l’évolution des maladies climato – sensibles au Togo. Selon l’analyse intégrée des données sanitaires et climatiques, la répartition des précipitations et l’humidité relative jouent un rôle déterminant dans l’apparition et la propagation de ces pathologies. Dans certains districts sanitaires du pays, le paludisme et les maladies diarrhéiques demeurent particulièrement préoccupants, tandis que les infections respiratoires aiguës (IRAS) affichent une circulation relativement faible.

Depuis 2025, l’Agence nationale de la météorologie (ANAMET) élabore chaque mois ce document stratégique en concertation avec le ministère de la Santé, des universitaires et divers partenaires techniques. L’objectif de cette démarche est de mieux appréhender les relations entre les tendances climatiques et l’évolution des maladies sur l’ensemble du territoire national, afin de renforcer la surveillance sanitaire et d’anticiper les périodes à risque. Le docteur Gamba Nana DARE, point focal climat-santé de l’ANAMET auprès du ministère de la Santé, de la GIZ et de l’Organisation mondiale de la météo (OMM), présente les principales tendances observées pour le mois de septembre.

Concernant le paludisme, l’analyse des données confirme une relation étroite avec les précipitations. Les pluies favorisent la formation de gîtes larvaires dans les eaux stagnantes, propices à la prolifération des moustiques anophèles. Toutefois, l’augmentation des cas ne coïncide pas immédiatement avec les fortes pluies : un décalage d’un à deux mois est généralement constaté entre le pic pluviométrique et le pic épidémique. En septembre 2026, les données révèlent une forte incidence dans plusieurs districts septentrionaux. Tône, dans la région des Savanes, enregistre le taux le plus élevé avec 48 cas pour 1 000 habitants, suivi dans la région de la Kara par les districts de Binah avec 47 cas pour 1 000 habitants et de Bassar avec 44 cas pour 1 000 habitants. Ces chiffres rappellent la nécessité d’intensifier la prévention et la surveillance dans ces zones vulnérables.

Les maladies diarrhéiques constituent un autre enjeu majeur influencé par le climat, avec un décalage d’environ un mois après les épisodes de fortes pluies. En saison humide, les crues et le ruissellement provoquent le débordement des systèmes d’assainissement et la contamination des sources d’eau potable. Les risques ne disparaissent pas pour autant en saison sèche, car la raréfaction de la ressource force les populations à recourir à une eau de qualité douteuse. Ainsi, sécheresses et précipitations représentent toutes deux une menace pour la santé publique. En septembre 2026, les incidences les plus élevées sont enregistrées dans la région de la Kara, notamment à Assoli avec 457 cas pour 100 000 habitants et à Binah avec 228 cas pour 100 000 habitants, tandis que Cinkassé, dans les Savanes, compte 144 cas pour 100 000 habitants. Ces disparités soulignent l’importance cruciale de l’accès à l’eau potable et de l’assainissement. Les infections respiratoires aiguës (IRAS) réagissent, quant à elles, de manière plus immédiate aux variations de l’humidité relative de l’air.

De leur côté, les infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) réagissent de manière plus immédiate aux variations de l’humidité relative de l’air. L’humidité élevée en saison des pluies favorise la persistance de certains agents pathogènes, alors que l’air sec et poussiéreux de la saison sèche irrite les muqueuses respiratoires. Pour le mois de septembre 2026, le bulletin fait état d’une circulation modérée des IRAS. Néanmoins, le district de Tandjoaré dans les Savanes maintient un foyer déjà observé en août avec 33 cas pour 100 000 habitants, suivi de la Kozah dans la Kara avec 20 cas pour 100 000 habitants et de l’Oti dans les Savanes avec 18 cas pour 100 000 habitants.

Au-delà des données chiffrées, ces observations soulignent l’impact direct de l’environnement sur la santé des populations togolaises, qu’il soit immédiat ou différé de plusieurs semaines. Face à ces vulnérabilités climatiques, la collaboration suivie entre les services météorologiques, les structures de santé, la recherche et les partenaires techniques s’avère déterminante. L’enjeu majeur consiste désormais à transformer les données scientifiques en outils d’aide à la décision afin de prévenir les épidémies et de protéger plus efficacement les populations sur toute l’étendue du territoire.

Dr Gamba Nana Daré

Yves Dossou Leblanc

Rédacteur/ lecontinental

Tel : +22890270108

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