Lomé, 4 oct. (Le Continental) – Et si le café togolais ne se contentait plus de quitter le pays sous forme de matière première ? De la production dans les terroirs des Plateaux à la torréfaction, en passant par la préparation d’un espresso ou d’un latte, la filière entend désormais conserver davantage de valeur au Togo et ouvrir de nouvelles perspectives aux producteurs et aux jeunes.
C’est l’une des ambitions mises en avant jeudi 1er octobre 2026 à Lomé, à l’occasion de la célébration des 30 ans d’engagement du Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC).
La cérémonie, organisée à la Maison du Café, le Terroir, s’est tenue dans le cadre de la Journée internationale du café et de la Journée mondiale du cacao et du chocolat. Elle a réuni producteurs, transformateurs, baristas, étudiants et jeunes entrepreneurs autour des acquis de trois décennies d’actions en faveur des deux filières.
Créé en 1996, le CCFCC (comité de coordination pour la filière café et cacao) s’est progressivement imposé comme un acteur de la structuration, de la promotion et de la défense des filières café et cacao au Togo. Son action couvre notamment les zones de production des Plateaux, avec une présence particulièrement importante à Kpalimé et dans l’Akébou.
Au total, près de 32 000 producteurs ont été accompagnés au fil des années.
Pour le CCFCC, les enjeux de la filière ne se limitent plus à la production et à la commercialisation. Les priorités évoluent désormais vers le commerce équitable, la protection de l’environnement, la traçabilité et surtout la transformation locale.
L’objectif est clair : faire en sorte qu’une part plus importante de la valeur générée par le café et le cacao reste sur le territoire national.
Représentant le secrétaire général du CCFCC, Enselm Gouthon, Gandé Koffi Guillaume a rappelé le rôle central des producteurs dans le développement de ces filières et leur contribution à l’économie nationale. Il a également souligné la nécessité de mieux prendre en compte les conditions de travail et les revenus des acteurs qui font vivre le secteur.
Cette nouvelle orientation place ainsi la transformation au cœur des perspectives d’avenir. Un café produit au Togo peut être torréfié, moulu et transformé localement avant d’arriver dans la tasse du consommateur. À chaque étape, ce sont des compétences, des métiers et des opportunités économiques qui peuvent être créés.
La Maison du Café, le Terroir, s’inscrit précisément dans cette dynamique. À l’occasion de la célébration, le public a pu découvrir plusieurs étapes de la transformation du café, notamment la torréfaction, le moulage, la préparation d’espresso et le latte art.
Une manière concrète de montrer que derrière chaque tasse se trouve toute une chaîne de savoir-faire, depuis le producteur jusqu’au professionnel chargé de valoriser le produit auprès du consommateur.
Pour Fankjah Wattara, présidente de KAWA-TOGO, cette dynamique doit également profiter à la nouvelle génération. Le centre entend contribuer à la transmission de la culture du café de terroir et permettre aux apprenants d’acquérir les fondamentaux du métier de barista.
La professionnalisation de ces métiers apparaît ainsi comme un autre levier pour donner davantage de visibilité au café togolais et susciter l’intérêt des jeunes pour les opportunités offertes par la filière.
Ce 30e anniversaire intervient dans le cadre de la campagne continentale « Drink African Coffee, Build Africa », portée par l’Organisation interafricaine du café.
À travers cette campagne, l’enjeu dépasse la seule promotion de la consommation. Il s’agit également de renforcer la place du café africain sur les marchés, de stimuler la transformation locale et de permettre aux pays producteurs de tirer davantage de revenus de leurs propres ressources.
Pour le CCFCC, le défi des prochaines années est donc de faire du café et du cacao togolais des produits à plus forte valeur ajoutée, capables de générer davantage d’emplois, de métiers et de revenus au profit des communautés.
Après trois décennies d’engagement, la filière togolaise entend ainsi franchir une nouvelle étape : ne plus seulement produire du café, mais davantage le transformer, le consommer et le valoriser au Togo.

Yves Dossou Leblanc +22890270108
Rédacteur / lecontinent@l









