La diversité linguistique, les droits linguistiques et l’avenir des métiers de la traduction seront au cœur d’un colloque scientifique international prévu à Lomé à l’occasion de la Journée mondiale de la traduction 2026.
La langue est un outil de communication, mais aussi un élément essentiel de l’identité, de la culture et de la participation citoyenne. En Afrique, où sont parlées plus de 2 000 langues, la diversité linguistique constitue à la fois une richesse et un défi pour l’accès à l’éducation, à la santé, à la justice et à l’information.
Pour la Journée mondiale de la traduction édition 2026, la Fédération internationale des traducteurs a retenu le thème : « Diversité des langues et droits linguistiques : le pouvoir de se faire comprendre ». Au Togo, cette question revêt une importance particulière. Le français est la langue officielle de l’administration et de l’enseignement, mais de nombreuses langues nationales sont utilisées au quotidien par les populations.
Dans ce contexte, la traduction et l’interprétation jouent un rôle important pour faciliter les échanges entre les institutions et les citoyens. Les métiers de la traduction et de l’interprétation connaissent aujourd’hui de profondes transformations avec le développement de l’intelligence artificielle, de la traduction automatique et des grands modèles de langage.
Ces nouvelles technologies offrent des possibilités importantes, mais elles soulèvent également des questions liées à la qualité des traductions, à la confidentialité des données, à l’éthique professionnelle et surtout à la place des langues africaines dans l’univers numérique.
C’est autour de ces différentes problématiques que l’Équipe de Recherche sur les Langues Africaines en Mutations de l’Université de Lomé, en collaboration avec le La ReLLiCCA, l’Association des Interprètes de Conférence du Togo et le Centre International de Langues de Lomé, organise un colloque international.
La rencontre réunira des chercheurs, linguistes, traducteurs, interprètes, terminologues, étudiants, responsables institutionnels et acteurs du développement.
Les participants réfléchiront notamment aux liens entre diversité linguistique, droits linguistiques, traduction, interprétation, intelligence artificielle et développement durable.
Pour les organisateurs, l’enjeu est également de renforcer la place des langues africaines dans les politiques publiques et dans la production des connaissances.
Car au-delà de la traduction, c’est aussi la question de l’accès aux droits et à l’information qui est posée. Une population mieux informée dans une langue qu’elle comprend est davantage en mesure de participer à la vie économique, sociale et citoyenne. Kékéli Adoekwe Akue, président de l’Association des Interprètes du Togo (AICT) nous précise le pourquoi cette journée mondiale de la traduction.
Ce colloque entend ainsi ouvrir le débat sur l’avenir des professions langagières et sur la nécessité de concilier les avancées de l’intelligence artificielle avec l’expertise humaine. Kékéli Adoekwe Akue, qu’on retrouve sur le thème d’affiche de la rencontre.
À Lomé, la Journée mondiale de la traduction 2026 sera donc l’occasion de rappeler que, dans une Afrique riche de sa diversité linguistique, se faire comprendre reste un enjeu essentiel de développement et d’inclusion.

les participants à l’ouverture des travaux du colloque international scientifique consacré à la journée mondiale de la traduction à l’Université de Lomé.
Yves Dossou Leblanc +22890270108









