À Accra, au Ghana, le GIABA renforce les capacités des professionnels des médias en journalisme d’investigation sur les crimes économiques et financiers. Pendant trois jours, les participants sont formés aux techniques modernes d’enquête, au renseignement en sources ouvertes et au suivi des flux financiers illicites.
Le Groupe d’Action Intergouvernemental contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) a organisé, du 22 au 24 septembre 2026 à Accra, un atelier régional consacré au journalisme d’investigation sur les crimes économiques et financiers.
La rencontre a réuni des journalistes d’investigation et des professionnels des médias venus de plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine. Elle vise à renforcer leurs capacités afin de leur permettre de mieux enquêter sur les affaires de corruption, de blanchiment de capitaux et de flux financiers illicites.
Au-delà du renforcement des compétences, le GIABA entend favoriser l’émergence d’un réseau régional de journalistes capables de travailler ensemble sur des dossiers complexes et transfrontaliers liés à la criminalité financière.
À l’ouverture des travaux, M. Timothy Melaye, responsable de la communication et du plaidoyer au GIABA, intervenant au nom du directeur général de l’institution, M. Mam Cherno Jallow, a insisté sur l’évolution constante des menaces auxquelles l’Afrique de l’Ouest est confrontée.
Parmi celles-ci figurent notamment le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme, le financement de la prolifération, l’utilisation abusive des actifs virtuels, le trafic de drogue, la corruption dans le secteur extractif ainsi que certaines failles réglementaires affectant les entreprises et professions non financières désignées.
Pour le responsable du GIABA, les médias occupent une place importante dans la lutte contre ces phénomènes.
« La lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ne peut être pleinement efficace sans la participation active des médias, en particulier des journalistes d’investigation, qui sont nos alliés stratégiques », a-t-il déclaré.
Selon lui, le travail d’enquête permet de révéler des pratiques illégales, d’informer les populations, d’interpeller les décideurs et de contribuer au renforcement de la gouvernance.
« Cette lutte ne sera gagnée que si la lumière l’emporte sur les ténèbres, et vous, les journalistes, êtes l’un de nos phares les plus puissants », a-t-il ajouté.
La nécessité d’un journalisme fondé sur des preuves a également été mise en avant par M. Benjamin Ofori, directeur des affaires juridiques du Centre de renseignement financier du Ghana (FIC), qui intervenait au nom du directeur du FIC Ghana, M. Albert Kwadwo Twum Boafo.
Pour lui, le journaliste spécialisé dans les crimes financiers doit disposer d’outils lui permettant de remonter les circuits financiers et de comprendre les mécanismes utilisés pour dissimuler les fonds.
« Le journaliste spécialisé dans la criminalité financière moderne doit être capable de suivre la trace de l’argent », a-t-il souligné.
Cette démarche implique notamment de savoir analyser les structures des entreprises, examiner les documents financiers, identifier les bénéficiaires effectifs et établir des connexions entre des transactions qui peuvent, en apparence, ne présenter aucun lien.
L’objectif, a-t-il expliqué, ne doit donc pas être uniquement de publier davantage d’articles sur la criminalité financière, mais de produire des enquêtes rigoureuses, documentées et fondées sur des éléments vérifiables.
Durant les trois jours de travaux, les participants prennent part à plusieurs sessions pratiques consacrées aux techniques modernes d’investigation financière et au renseignement en sources ouvertes, communément appelé OSINT.
Les échanges portent également sur l’analyse des informations relatives aux marchés publics, aux registres des sociétés et aux structures de propriété effective.
Une attention particulière est accordée à la diligence raisonnable et à la vérification des informations, afin de renforcer la qualité des productions journalistiques et de limiter la diffusion de fausses informations sur le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération.
L’atelier constitue également une occasion de renforcer les collaborations entre journalistes ouest-africains et de développer des réseaux capables de faciliter les enquêtes transfrontalières sur les crimes économiques et financiers.
À travers cette initiative, le GIABA réaffirme ainsi l’importance accordée au rôle des médias dans la promotion de la transparence, de la bonne gouvernance et de la résilience du paysage socio-économique ouest-africain.
Yves Dossou Leblanc +22890270108









